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Projet politique et de recherche du Réseau TOGETHER et partenariat avec les universités et centres de recherche

Introduction

TOGETHER est le réseau international des Territoires de Coresponsabilité, c'est-à-dire les territoires (villages, quartiers, communes, villes, régions) qui développent une démarche de coresponsabilité entre tous les acteurs (publics, privés, citoyens) pour assurer le bien-être de tous, générations futures incluses, appelée plus simplement démarche SPIRAL (Societal Progress Indicators for the Responsibility of All). Lancée initialement en 2005 par le Conseil de l’Europe dans le cadre de sa stratégie et son plan d’action pour la cohésion sociale (définie comme étant la capacité de la société à assurer le bien-être de tous) cette démarche est aujourd’hui développée par le réseau TOGETHER lui-même, constitué de manière informelle depuis septembre 2009 et de manière formelle depuis novembre 2013.

Le nombre de territoires qui aujourd’hui participent à l’affirmation de cette démarche croit d’année en année (aujourd’hui plus de 400 répartis dans une vingtaine de pays), permettant de mutualiser les enseignements, de trouver ensemble des solutions pratiques aux difficultés que pose le développement de la coresponsabilité et de se positionner progressivement comme une perspective de progrès sociétal crédible et partageable par le plus grand nombre. Ainsi s’est constituée une forme d’apprentissage collectif en réseau faisant le lien avec d’autres démarches qui s’inscrivent dans un objectif similaire, telles que les Agendas 21, les CittaSlow, le mouvement Transition, etc. Ceci est notamment possible grâce à un Secrétariat du Réseau TOGETHER, constitué, entre autres, d’un réseau de dynamiseurs SPIRAL présents dans différents pays du monde (essentiellement Europe et Afrique jusqu’à présent).

Compte tenu de la dimension que prend ce processus, la question qui se pose aujourd’hui est de lui donner un cadre plus formel permettant de construire un véritable partenariat avec les institutions porteuses des politiques publiques d’une part et les universités et centres de recherche d’autre part. Le moment est en effet venu de transformer ce qui a été jusqu’ici un apprentissage entre acteurs et territoires convaincus de l’intérêt de la démarche en un véritable projet politique et de recherche qui s’affirme comme une référence dans le progrès de nos sociétés vers un bien-être de tous prenant en compte également celui des générations futures.

Cette transformation est d’autant plus nécessaire que nous sommes à un moment crucial de l’histoire de l’humanité où plus que jamais le besoin de repenser l’avenir de nos sociétés de manière globale et concertée est devenu une urgence. Or pour y parvenir il n’y aura pas d’autres solutions que de construire progressivement un référentiel commun qui permette de mutualiser les efforts de tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, œuvrent à la réalisation de solutions concrètes sur le terrain pour un monde meilleur capable d’assurer le bien-être de tous sans exclusion.

Le présent document propose un premier cadre à cet effet. Il vise à lancer un débat au sein même du réseau TOGETHER (dynamiseurs et membres du réseau) et avec tous ses partenaires réels et potentiels (notamment les pouvoirs publics et les universités et centres de recherche, outre les territoires eux-mêmes) pour construire progressivement un cadre de référence partagé par le plus grand nombre et qui permette de progresser ensemble dans la mise en œuvre de ce projet politique et de recherche qui pourrait s’avérer crucial pour l’avenir de nos sociétés et de notre planète.

L’élaboration de ce document s’encadre dans le Plan d’Action 2014 de TOGETHER, lequel prévoit que le troisième trimestre 2014 sera consacré à l’élaboration de propositions politiques. Ce document trace un cadre général de propositions à mettre en discussion et à affiner et compléter au sein du réseau pendant ce trimestre afin de pouvoir engager un dialogue politique avec les partenaires concernés au cours du 4ème trimestre, comme prévu dans le plan d’action.

Point de départ : Repenser le progrès

Au départ de toute cette réflexion, il y a un constat majeur qui depuis une quarantaine d’années est sous-jacent à tous les débats sur les choix fondamentaux, aussi bien dans les organisations non gouvernementales, centres de recherche que dans les institutions publiques internationales telles que les Nations Unies, l’OCDE, l’Union Européenne, le Conseil de l’Europe, etc., à savoir le questionnement du PIB comme indicateur de progrès de nos sociétés.

Or, face à ce questionnement, nous défendons qu’une solution alternative ne peut s’affirmer valablement sans revenir à l’objectif premier et naturellement légitime de toute société humaine, à savoir assurer le bien-être de tous ses membres sans exclusion. Replacer le progrès non plus en termes de croissance du PIB mais de croissance de la capacité à assurer le bien-être de tous (ou le bien-vivre ensemble) dans une relation d’équité, sans discrimination et sans exclusion (et donc sans pauvreté), générations futures incluses (et donc sans utilisation de ressources non renouvelables) est la façon la plus correcte de poser le problème ; correcte dans le sens où c’est la seule qui puisse assurer à terme un consensus universellement partagé par tous, au-delà de toute position idéologique ou religieuse et de toute différence culturelle ou ethnique.

Cela rejoint l’objectif de cohésion sociale, selon la définition du Conseil de l’Europe (capacité de la société à assurer le bien-être de tous en évitant les disparités). Il est à noter que l’objectif de cohésion sociale ne s’oppose pas à celui de lutte contre la pauvreté de l’Union Européenne, mais lui donne une autre dimension, en se positionnant en amont et dans une perspective de durabilité des solutions proposées : au-delà de la lutte contre la pauvreté proprement dite, comment progresser vers une société qui ne génère plus d’exclusion ou de pauvreté mais assure le bien-être de tous, non seulement par un accès plus équitable et partagé aux ressources mais également en prenant en compte toutes les dimensions du bien-être, matérielles et immatérielles, telles qu’elles sont exprimées par les citoyens.

Cela rejoint également l’objectif de développement durable, tel que mis en avant depuis la Conférence de Rio en 1992 consignée par plus de 140 pays et mis en œuvre au niveau local dans les agendas 21, par la prise en compte des générations futures.

Cela rejoint également les objectifs de nombreux mouvements et réseaux (tel que le mouvement Transition, CittaSlow, etc.), à la recherche également d’une alternative au PIB comme indicateur de progrès de nos sociétés.

La coresponsabilité pour le bien-être de tous comme hypothèse

Par rapport à ce point de départ une hypothèse centrale est proposée : Le développement de la coresponsabilité est la voie la plus pertinente et efficiente pour progresser vers cet objectif du bien-être de tous générations futures incluses.

On entend par coresponsabilité ou « responsabilité sociale partagée » (dans ses textes le Conseil de l’Europe utilise plus facilement ce terme, voir notamment la stratégie de cohésion sociale et la Charte Européenne des Responsabilités Sociales Partagées) une attitude et un sentiment partagé de responsabilité collective par rapport à un ou des objectifs d’intérêt général. La coresponsabilité pour le bien-être de tous, générations futures incluses, porte cet objectif au niveau de l’ensemble de la communauté humaine ainsi que de la planète en général, considérant que le bien-être des générations futures passe par sa préservation (dans le préambule des statuts du réseau Together, la coresponsabilité pour le bien-être de tous, générations futures incluses, est définie comme étant le partage généralisé du sentiment de responsabilité pour la communauté des humains et la planète Terre, sans exclusion ni discrimination, sa concrétisation dans la pratique quotidienne, individuelle et collective, et sa systématisation dans l’organisation politique, juridique et socio-économique de la société).

Plusieurs constats majeurs étayent et justifient le choix de cette hypothèse :

1. La coresponsabilité permet de dépasser les obstacles liés à la compartimentation des ressources en les mutualisant et donc en permettant leur pleine utilisation (notamment par les facilités et la flexibilité/simplicité dans les procédures de mise à disposition et d’utilisation) – voir les multiples exemples de mutualisation des ressources promues par les initiatives citoyennes, souvent en lien avec les pouvoirs publics.

2. La coresponsabilité permet de toucher des composantes majeures du bien-être tel qu’il est exprimé par les citoyens, telles que : la reconnaissance, avoir une place et un rôle dans la société (inclusion sociale) qui fasse du sens (le sens de la vie), le sentiment d’utilité, le sentiment d’appartenance à une communauté globale, la solidarité, la fraternité, la bonne relation avec les institutions publiques (accueil, relation pair-à-pair, non stigmatisation), la confiance dans ses quatre dimensions (confiance en soi, confiance dans les autres, confiance dans les institutions, confiance dans l’avenir), etc. Autant de dimensions que les approches conventionnelles, verticales, descendantes et compartimentées, et les logiques de concurrence plutôt que coopération, en général ignorent et malmènent, voire provoquent des effets contraires en se focalisant trop souvent sur une vision du bien-être limitée aux dimensions matérielles.

3. En conséquence du point antérieur la coresponsabilité a des effets de mobilisation des ressources et dimensions humaines (remobilisation des personnes qui ont perdu confiance et tout espoir, notamment celles qui sont marginalisées de la société – jeunes en échec scolaire, chômeurs, sans abris, personnes âgées isolées, etc. - mobilisation de la créativité individuelle et collective). Ce point est d’autant plus important que ces ressources n’impliquent pas de grands moyens financiers, dépendant plus d’une question d’approche et de méthodes que de coût. Elles sont par ailleurs intrinsèquement infinies alors que les ressources matérielles et financières sont inévitablement finies.

4. La mobilisation des ressources et dimensions humaines insufflée par une démarche de coresponsabilité a pour effet d’élargir l’impact non seulement en termes qualitatif (prise en compte de toutes les composantes du bien-être) mais également en termes quantitatif par la démultiplication des initiatives, chaque « bénéficiaire » devenant à son tour acteur.

5. Plus généralement la coresponsabilité pour le bien-être de tous est l’expression de la démocratie dans sa forme la plus avancée, exprimant la participation de tout être humain dans les deux dimensions du droit (bien-être de tous sans exclusion) et du devoir (coresponsabilité de tous).

De nombreuses expérimentations, notamment celles conduites dans les territoires de coresponsabilité, tendent à démontrer la validité de cette hypothèse centrale et des éléments qui l’étayent. Des évaluations ont été réalisées permettant de le vérifier. Voir, par exemple, les conclusions de l’évaluation finale des Plans de Cohésion Sociale de Wallonie (évaluations réalisées sur 140 Plans de Cohésion Sociale impliquant 147 communes – voir https://wikispiral.org/tiki-index.php?page=Country%3A+Belgium).

Cependant étant donné l’enjeu majeur que représente la promotion d’une société de coresponsabilité, il convient de tenir ceci comme une hypothèse, à tester de manière la plus rigoureuse possible, en sortant de toute position idéologique non véritablement démontrée, en pour ou en contre, de ce concept. Ceci pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce que l’approche de coresponsabilité est loin d’être consensuelle. Elle touche à des questions de partage du pouvoir qui ne sont pas évidentes ni souvent acceptées. Par ailleurs il peut y avoir des interprétations différentes, voire opposées de la coresponsabilité, par exemple quand il arrive qu’elle soit injustement assimilée à une déresponsabilisation des pouvoirs publics. Il y a donc besoin d’un véritable travail d’analyse et de définition à conduire de la manière la plus précise possible, à partir de ce qui est objectivement le plus porteur de plus-values sociales et sociétales. Par ailleurs la coresponsabilité n’est pas une réponse immédiate à toute situation. Quand le contexte ne le permet pas, d’autres approches sont parfois nécessaires, par exemple en mettant l’accent sur « empowerment » des plus faibles pour créer les conditions d’une plus grande équité et capacité d’écoute et de dialogue.

Ce qu’implique le test de l’hypothèse de la pertinence de la coresponsabilité

Se proposer de tester l’hypothèse selon laquelle le développement de la coresponsabilité est la voie la plus pertinente et efficiente pour progresser vers cet objectif du bien-être de tous générations futures incluses implique un saut qualitatif considérable à plusieurs points de vue par rapport à une démarche scientifique conventionnelle :

I. Tout d’abord l’hypothèse proposée ne porte pas sur la connaissance d’une réalité (savoir) mais la connaissance de la pertinence et efficience de formes d’agir (savoir-faire), ce qui n’est pas habituel. En effet ce type de connaissance est presque toujours déserté par les chercheurs, considérant que l’on entre dans le domaine du jugement et non de l’analyse objective des réalités et des faits. Or s’il est vrai que tout ce qui relève des choix d’action ou de manière d’agir est à priori lié au jugement du sujet agissant, la pertinence d’un choix par rapport à une fin est un fait formulé dans une proposition que l’on peut soumettre à l’analyse objective des limites de sa vérité ou de sa fausseté. Poser donc l’hypothèse à tester en termes de pertinence confirmée ou infirmée de la coresponsabilité comme voie de progrès de la société vers une meilleure capacité à assurer le bien-être de tous relève donc bien d’une démarche qui peut être conduite de manière rationnelle et objective avec tout autant de valeur et légitimité qu’une démarche scientifique conventionnelle. Reste alors à s’assurer que les protocoles d’expérimentation, les analyses produites et les conclusions tirées relèvent effectivement de processus conduits de manière rigoureusement rationnelle.

II. La deuxième différence majeure par rapport à une démarche scientifique conventionnelle tient au fait que le test de cette hypothèse ne peut se réaliser sans la participation d’une très large diversité d’acteurs. Il n’est en effet pas possible de tirer des conclusions objectivement vérifiées sans avoir expérimenté la coresponsabilité en vraie grandeur, au moins à l’échelle d’un certain nombre de territoires pilotes, donc en impliquant les différents types d’acteurs et habitants de ces territoires. Il faut également s’assurer de la collaboration effective des pouvoirs publics et des responsables politiques et leur disposition à tester des politiques publiques qui permettent la pleine expression de la coresponsabilité. Sans ces conditions les conclusions seront inévitablement partielles et non fiables (le danger est en effet de conclure trop hâtivement à une non efficience de la coresponsabilité sans avoir été jusqu’au bout de l’expérimentation, notamment en termes de révision des politiques publiques étant donné que celles sont souvent le principal frein à l’affirmation d’une démarche de coresponsabilité).

III. Il en découle une troisième particularité du test d’hypothèse qui est proposé, à savoir qu’il est à la fois un projet de recherche et un véritable projet politique. En effet il suppose qu’un très grand nombre d’acteurs partagent cet objectif de recherche, avec comme motivation de base la recherche d’une solution effective par rapport aux défis majeurs que l’humanité doit confronter dans les toutes prochaines années et au besoin de changement de paradigme pour y faire face. Tout en étant un projet politique il est aussi un projet de recherche et ceci est fondamental, car il ne s’agit pas de bâtir une nouvelle idéologie avec l’espoir qu’elle emportera l’adhésion du plus grand nombre, mais bien de construire une intelligence sociétale ou la société elle-même, comme sujet holistique, construit sa propre capacité à assurer le bien-être de tous à partir d’expérimentations partagées par tous.

IV. Par conséquent une particularité de ces expérimentations est qu’elles se positionnent non seulement comme des tests de confirmation ou infirmation de l’hypothèse mais également comme des éléments constitutifs d’un processus de construction de la coresponsabilité dans le long terme. En d’autres termes l’expérimentation fait partie du processus de développement et inversement. Ce qui est fondamentalement nouveau dans cette conception est le fait que les processus engagés sont systématiquement objets de réflexions partagées par tous les acteurs, en amont dans leur conception et en aval pour en tirer des enseignements suivant une ligne directrice générale, celle de la coresponsabilité. Le mot « systématiquement » doit être entendu ici dans deux sens : d’une part le fait que tout processus est systématiquement objet d’analyse et d’enseignements (même les échecs sont sources d’enseignements) et d’autre part que les analyses spécifiques à chaque processus locaux sont parties prenantes d’une réflexion plus globale permettant de progresser dans la vérification de l’hypothèse, de la même manière que dans un processus de recherche les expérimentations conduites en différents laboratoires de la planète sur une matière donnée communiquent entre elles pour progresser dans la connaissance de cette matière.

Reste un point à éclaircir : cette hypothèse est-elle vérifiable, autrement dit ne serions-nous pas dans le cas de figure d’une vérité non réfutable au sens de Karl Popper (Karl Kopper, La Logique de la découverte scientifique, 1934), ce qui l’exclurait de fait du champ de la recherche ? La réponse est non dans la mesure où la notion de coresponsabilité pour le bien-être de tous a un caractère fondamentalement universel qui dépasse les clivages culturels, religieux ou idéologique car elle s’appuie sur une notion première propre à tout être humain et immédiatement compréhensible par tous : la notion de bien-être et son opposé le mal-être est l’expression la plus immédiate et la plus pure (la moins « polluée ») de ce qui est espéré (bien-être) ou cherché à éviter (mal-être) dans la vie. Donc même si elle apparait être une utopie difficilement atteignable, la coresponsabilité pour le bien-être de tous n’est pas intrinsèquement impossible. Elle est au contraire un projet politique et de recherche qui fait sens et s’accorde avec les aspirations humaines universelles. Par conséquent l’hypothèse proposée ne peut pas être jugée a priori non vérifiable ni non réfutable. Reste à préciser les conditions de sa vérification.

Comment tester l’hypothèse de la pertinence de la coresponsabilité

Pour pouvoir conclure qu’une approche de coresponsabilité est la voie la plus pertinente et efficiente pour assurer un progrès vers le bien-être de tous sans exclusion ni discrimination et générations futures incluses, il faut pouvoir assurer une double vérification :

a) Vérifier dans quelle mesure la coresponsabilité est concrètement réalisable à l’échelle de la société ; b) Vérifier la pertinence des effets de la coresponsabilité pour le bien-être de tous et comparer avec une situation d’absence ou de moindre coresponsabilité.

En toute rigueur le point a) implique que l’on aille jusqu’au bout de l’expérimentation en impliquant l’ensemble des acteurs, publics, privés et société civile, dans la mise en œuvre de la démarche. En revanche des premières conclusions peuvent être obtenues pour le point b) par expérimentations partielles, comme cela s’est déjà produit dans les territoires de coresponsabilité.

Il y a donc deux types de processus à conduire : d’un côté porter la réflexion au niveau global, notamment sur les nouvelles politiques publiques à promouvoir et les mettre en œuvre de manière expérimentale pour aller jusqu’au bout du point a) ; de l’autre continuer à développer la coresponsabilité dans les territoires de coresponsabilité mais en inscrivant chaque dynamique locale dans un processus d’expérimentation et d’apprentissage local et qui trouve sa place dans un projet politique et de recherche global : celui de démontrer la faisabilité, la pertinence et l’efficience de la coresponsabilité pour assurer le bien-être de tous générations futures incluses. Ainsi chaque territoire contribue à le démontrer sur les problématiques qui sont spécifiques à son contexte et à sa problématique locale, complémentaire d’autres problématiques d’autres territoires.

On voit bien ici tout l’intérêt du Réseau TOGETHER des territoires de coresponsabilité car c’est précisément par la mise en réseau qu’il est possible de développer un tel projet politique et de recherche. Le réseau permet de réaliser ces deux processus : 1) de réflexion et dialogue politique à l’échelle globale et 2) de coordination des enseignements tirés au niveau local dans un processus d’expérimentation et d’apprentissage au niveau global, chaque territoire de coresponsabilité membres du réseau jouant un rôle pilote d’expérimentation sur les questions qui lui sont plus spécifiques.

Cependant au-delà du réseau lui-même ce projet gagnera à développer un partenariat avec des universités et centres de recherche dans les différentes disciplines qui sont concernées. On trouvera en annexe (voir fichier Excel) un tableau récapitulatif de ces dernières avec, pour chacune, la problématique qui lui correspond, d’une manière générale et sur des thèmes plus spécifiques, les territoires d’expérimentation les plus avancés qui peuvent servir de pilote, les institutions publiques régionales ou nationales correspondantes et les universités et centres de recherche déjà engagés ou potentiellement engagés sur cette discipline.

Celles-ci sont classées en 4 grandes catégories correspondant aux différents champs de recherche qui doivent être mis en œuvre pour aller jusqu’au bout de la vérification de la pertinence et l’efficience de la coresponsabilité pour assurer le bien-être de tous. Ce sont :

1. Le cadre conceptuel, base de toute la démarche et du projet de recherche. Cela concerne notamment : - Les questions épistémologiques du projet de recherche dans sa globalité ; au-delà de clarifier le cadre épistémologique de ce projet de recherche, dans la suite des éléments posés dans ce document, il s’agira de préciser ce qu’on pourrait appeler une conception moderne de la science adaptée aux besoins réels de la société et qui mette en lumière les confusions particulièrement néfastes de discours qui tout en se présentant sous un jour scientifique sont profondément idéologiques. - Les questions d’éthique sociétale à affirmer (objectifs et valeurs fondamentaux et leur expression dans des instruments comme le Manifeste « Faire de la société un bien commun essentiel » de la Gironde). - L’ethnographie et l’historique de la coresponsabilité, y compris de la propre démarche SPIRAL. - Enfin, un travail de recherche et expérimentation spécifique doit être conduit sur les conditions sociales et sociétales de la coresponsabilité, en mettant en évidence dans quelle mesure les formes d’organisation quelles qu’elles soient (échanges, y compris économiques, modes d’information, possibilités de contacts, modes de financements, etc.) peuvent favoriser ou non l’empathie, la solidarité, la coopération et le sens des responsabilité tout en répondant aux attentes des citoyens en termes de bien-être et bien vivre ensemble.

2. Le cadre politique, faisant appel non seulement aux sciences politiques (notamment pour préciser les conditions de gouvernance pour une démocratie collaborative, expression de la coresponsabilité, complémentaire de la démocratie représentative, ainsi que le rôle des pouvoirs publics dans une approche de coresponsabilité), mais également les sciences juridiques (pour préciser les cadres juridiques nécessaires) et les sciences économiques (pour faire de même en termes de mode d’organisation économique et monétaire).

3. Le cadre méthodologique avec d’un côté des questions plus générales sur les principes de la capitalisation méthodologique en réseau et, de l’autre, des questions plus spécifiques sur chacune des 8 grandes phases de SPIRAL (voir le tableau).

4. Les analyses des processus dans les territoires, vus notamment sous l’angle de leur niveau de préparation pour développer la coresponsabilité et les progrès accomplis en fonction des différents contextes.

Premiers pas

Pour pouvoir mettre en œuvre ce projet les premier pas qui sont proposés sont les suivants :

  1. Lancer l’idée au niveau du réseau pour sa validation.
  2. Confirmer l’intérêt des territoires pressentis pour devenir territoires pilotes sur les champs de recherche qui les concernent (voir le tableau).
  3. Recenser les différents centres de recherche et universités qui travaillent sur les problématiques identifiées et les inviter à rejoindre ces partenariats.
  4. Mettre en place les partenariats avec les universités et centres de recherche, ainsi que les pouvoirs publics intéressés.
  5. Organiser une première rencontre par champ de recherche pour préciser le cadre de travail, en définir les bases, faire le point des acquis, fixer des objectifs, un programme d’activités et un calendrier.
  6. Rechercher des financements complémentaires pour la mise en œuvre de ces programmes de recherche, sachant que de prime-abord, les possibilités de financements sont beaucoup plus importantes, notamment au niveau de l’Union Européenne, quand il s’agit de partenariats transnationaux, et de surcroit avec une participation de la société civile.

Note : dans le cas des réseaux thématiques une première rencontre a déjà eu lieu et un premier partenariat a été constitué. Un document spécifique est en cours d’élaboration à ce sujet.

En termes de calendrier, pour être en accord avec le Plan d’Action 2014 de TOGETHER, il est proposé que les points 1,2 et 3 soient mis en œuvre dès ce trimestre pour pouvoir réaliser le point 4 au cours du 4ème trimestre.

Fait à Odemira, juillet 2014


Collaborateur(s) de cette page : Emmanuelle .
Page dernièrement modifiée le Lundi 10 août 2015 10:23:31 UTC par Emmanuelle. (Version 2)