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De la démocratie représentative à son articulation avec la démocratie collaborative

Compléter la démocratie représentative par une démocratie collaborative : un chemin de progrès indispensable

La forme de démocratie la plus répandue dans le monde est la démocratie représentative. Elle implique que la volonté générale soit représentée par des élus. Ce modèle politique suit une organisation verticale : le singulier définit les règles de vie collective qui s’appliquent aux pluriels.

Or la notion même de coresponsabilité pour le bien-être de tous sous-entend que tout citoyen partage la responsabilité globale de la gouvernance de la société pour assurer le bien-être de tous ses membres et donc y prend part directement et en permanence au-delà des seuls temps des élections. C’est ce qu’on appelle la démocratie collaborative (collaboration effective entre tous pour assurer le bien-être de tous, également défini de manière collaborative). Elle rejoint le sens fondamental de la démocratie telle que la définissait Abraham Lincoln : la démocratie est « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple », reprise d’ailleurs dans beaucoup de constitutions nationales et que l’on a tendance à oublier tant la démocratie représentative est considérée comme un moyen simple de résoudre une fois pour toutes les problèmes techniques et organisationnels que pose la participation directe de tous les citoyens à la gestion des affaires publiques.

Mais voilà, le piège à éviter est de considérer la démocratie représentative comme une solution suffisante alors qu’elle n’est qu’une solution partielle qu’il faut compléter par une démocratie réellement collaborative, de la même façon que, pour se nourrir, la solution la plus simple est de manger du pain et le danger est d’oublier qu’il est nécessaire de prendre le temps de faire de la cuisine variée pour se tenir en bonne santé ! Sans démocratie collaborative la démocratie représentative peut dériver vers des formes d’autoritarisme, voire de démagogie, débouchant sur la perte de confiance des citoyens dans les institutions et une véritable crise de la démocratie et de la société, comme on le voit aujourd’hui assez communément en Europe et ailleurs.

La démocratie collaborative est donc le poumon indispensable d’une véritable démocratie à même de progresser vers une société équitable assurant le bien-être de tous. Elle doit faire l’objet de dispositions organisationnelles et légales du même niveau d’importance et de légitimité que celles existants pour la démocratie représentative.

Principes de base de la démocratie collaborative

La démocratie collaborative doit s’appuyer sur les principes de base d’une véritable démocratie, à savoir :

  1. L’expression directe des citoyens et sans intermédiaire (chacun s’exprime pour soi-même et non au nom des autres)
  2. Le droit à la parole égal pour tous, sans distinction ni discrimination ;
  3. La liberté d’expression dans son sens véridique, c’est-à-dire sans délimitation a priori des champs de réponse possibles (notamment pas des questions totalement ouvertes sur les sujets qui sont traités de commun accord) ;
  4. La prise en compte de la parole de tous, sans exclusion, par la construction de synthèses inclusives de la diversité des expressions et des points de vue ;
  5. La transparence et la co-construction dans l’élaboration de ces synthèses inclusives ;
  6. La déclinaison des synthèses à différents niveaux territoriaux : quartier, commune, canton, région, etc.) ;
  7. Le lien direct entre la connaissance et l’action :
  8. La collaboration à tous les niveaux de l’action (co-décision, coresponsabilité dans la réalisation, co-évalution des résultats et impacts)

C’est sur la base de ces principes que s'élabore la démarche SPIRAL de construction de la coresponsabilité pour le bien-être de tous, depuis la co-définition du bien-être de tous jusqu’aux actions et leur évaluations.

Principes éthiques

Les principes de base de la démocratie collaborative ne peuvent fonctionner sans le partage par tous de quelques principes éthiques fondamentaux, notamment :

  • L’écoute et le respect de la parole des autres ;
  • La bienveillance dans l’écoute, l’empathie, l’ouverture et l’intérêt pour la diversité des points de vue comme un facteur d’enrichissement et d’intelligence collective;
  • La non recherche du pouvoir ;
  • L’abandon de toutes formes de violence au profit du dialogue ;
  • Les principes démocratiques de construction et de traitement des désaccords (voir encadré)

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Principes organisationnels

  • Comme la démocratie représentative la démocratie collaborative doit avoir une base territoriale, depuis le niveau du quartier/village, de la commune, région, etc.
  • A la différence des structures territoriales démocratiques représentatives qui sont dirigées par les personnes élues à cet effet (municipalités, régions, pays, etc.), les structures démocratiques collaboratives sont des structures associatives indépendantes donnant le droit à tous les habitants et acteurs de chaque territoire concerné à y participer en permanence. Ce sont Ce sont :
    1. Au niveau le plus bas les associations d’habitants par quartier/village (ou des structures similaires)
    2. Au niveau de territoires communaux ou intercommunaux les plateformes multi-acteurs incluant des représentants de toutes les associations d’habitants du territoire ainsi que les principaux acteurs publics et privés intervenant à ce niveau
    3. Et à des niveaux plus élevé des inter-plateformes comme cela commence à émerger dans certains pays
  • Leur donner un statut légal spécifique est essentiel pour éviter les doublons (de même qu’on ne pourrait imaginer qu’il y ait deux municipalités parallèles pour une même commune!). En savoir plus…

Impacts

  • L’existence de structures légales de la démocratie collaborative donne de facto un statut propre de biens communs à tout ce qu’elles possèdent, différent du statut de bien public. Cela permet une gestion réellement collaborative se rapprochant des modes de gestion communautaire traditionnels où les habitants d’un même territoire décidaient ensemble de l’affectation des biens communs (terres, bâtis, équipements, moyens financiers, etc.) en fonction des réels besoins de chacun.
  • L’articulation entre la démocratie représentative et démocratie collaborative n’est pas seulement essentielle pour construire la coresponsabilité pour le bien-être de tous. C’est ce qui permet d’assurer une efficience de la fonction publique bien supérieure : meilleure qualité, meilleure capacité à répondre aux besoins de soutien spécifiques de tous les citoyens et moindre coût (la fonction publique n’étant plus assurée uniquement par les institutions publiques de la démocratie représentative mais conjointement avec les structures de la démocratie collaborative). En savoir plus
  • Ceci implique un changement radical dans la conception de la fonction publique : Voir le changement de paradigme « passer de l’Etat providence à l’Etat promoteur du progrès sociétal.