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CO-ACTE 1ère réunion thématique CR
Gloucester 20, 21 Mai 2016
COMPTE RENDU

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Contexte et objectifs de la réunion

Rappel - Cliquer ici pour en savoir plus

Le projet CO-ACTE Penser le progrès en termes de capacité à vivre ensemble sur une même planète est devenu, plus que jamais dans l'histoire de l'humanité, à la fois une évidence et une nécessité. Un peu partout en Europe et dans le monde des initiatives émergent pour (re)construire cette capacité à vivre ensemble au niveau local, dans les territoires, au présent et au futur. Elles se retrouvent dans les territoires engagés dans la démarche SPIRAL et également dans des réseaux comme le mouvement Transition, les éco-villages, les agendas 21, les plans de cohésion sociale, le mouvement zerowaste, les approches décentralisées de développement local comme LEADER et bien d’autres encore. Toutes ont en commun de partir du local, des habitants et acteurs locaux pour construire ensemble, dans la concertation et un esprit de coresponsabilité, une société sans exclusion où le progrès vers le bien-être de tous et celui des générations futures s’impose comme une évidence partagée par tous. Cependant toutes sont confrontées à la nécessité de reformuler les politiques publiques et cadres légaux afin de systématiser les acquis et d’insuffler la coresponsabilité pour le bien-être de tous dans le fonctionnement normal de la société à tous les niveaux. Pour répondre à cette nécessité le projet CO-ACTE lance un large processus de réflexion avec les citoyens, acteurs de la société civile et responsables politiques dans les territoires engagés dans ces démarches et d’autres territoires. Promu par le réseau TOGETHER des Territoires de Coresponsabilité qui développent la démarche SPIRAL, le projet CO-ACTE vise à créer une dynamique citoyenne porteuse de propositions de politiques publiques d’encouragement à la coresponsabilité pour le bien-être de tous aujourd'hui et demain. Il s'appuie pour cela sur les acquis de la démarche SPIRAL ainsi que toute autre démarche partageant les mêmes valeurs et objectifs. Huit réunions européennes sont programmées entre septembre 2015 et Novembre 2016 pour tenir ce pari. Elles aboutiront à la Troisième Rencontre des Territoires de Coresponsabilité à Braine l’Alleud du 2 au 5 novembre 2016 où les conclusions préalablement débattues seront présentées en invitant les responsables politiques à les valider.

Déroulé du Projet Après la première réunion de lancement du projet en septembre 2015 un processus de concertation a été initié auprès des citoyens dans les différents territoires, en complément de la démarche SPIRAL et suivant les mêmes principes de démocratie directe : droit à la parole égal pour tous, absence d’intermédiaire dans l’expression, questions totalement ouvertes, synthèses inclusives et transparentes construites directement par les citoyens. Cela s’est fait en ajoutant une 4ème question aux 3 questions de la deuxième phase SPIRAL ou en proposant une démarche bilan à 3 questions correspondant à la 8ème phase de SPIRAL. Il a été également proposé d’introduire une question additionnelle dans la co-évaluation participative (7ème phase de SPIRAL). Ces questions permettent la définition individuelle et collective du bien-être de tous comme objectif du progrès de la société (SPIRAL 2 premières questions), de ce que chacun peut faire pour son bien-être et le bien-être de tous (SPIRAL 3ème question) et de qu’il serait souhaitable au niveau des politiques publiques et de la société en général pour parvenir à la coresponsabilité pour le bien-être de tous aujourd’hui et demain (CO-ACTE : 4ème question - ou 3ème question si on est dans une démarche bilan ou évaluation). Le fait que tous les citoyens aient pu s’exprimer librement par une démarche intersubjective de démocratie directe à la fois introspective (les 2 premières questions de SPIRAL) et prospective (SPIRAL 3ème question et question CO-ACTE) sans idées préconçues et assurant un droit de parole égal pour tous a permis de faire émerger des propositions très diverses et touchant toutes les grandes questions de société. Elles mettent en évidence les éléments fondamentaux de ce que serait une société coresponsable et solidaire pour le bien-être de tous, générations incluses tels que : l’équité dans les revenus (Revenu de Base Universel et plafonnement) et dans l’accès aux ressources et au bien commun, coresponsabilité dans l’inclusion sociale des plus défavorisés, socialisation et relocalisation des échanges, démocratie directe et collaborative en complément d’une démocratie représentative saine (transparente, sans corruption, etc.), ancrage dans les territoires, changement dans les rapports à la nature et l’environnement (respect des animaux et de la nature, reconversion énergétique, lutte contre le gaspillage –zéro déchets- et les pollutions), révision du rapport au temps, paix et arrêt de production d’armements, etc.

Rôle des réunions thématiques De tels objectifs demandent, outre des mesures politiques adéquates, des réponses à construire à partir des expériences de la société civile. C’est pourquoi toutes les organisations de la société civile porteuses d'initiatives qui se reconnaissent dans ces objectifs sont invitées à participer à un processus de construction de réponses adéquates. L’idée centrale est toute d’abord de réfléchir à des chemins de progrès vers ces objectifs en partant des expériences existantes, en repérant leurs complémentarités par rapport à ces objectifs. Il s’agit ensuite d’identifier les mesures de politiques publiques qui sont nécessaires à l’expression de ces complémentarités, en complément des propositions des citoyens. Quatre réunions thématiques successives sont prévues à cet effet:

  • La première réunion thématique s’est passée à Gloucester (Royaume Uni) les 20 et 21 mai 2016. Elle avait pour objectif de réfléchir à la construction d’un modèle socio-économique coresponsable pour le bien-être de tous aujourd’hui et demain notamment en analysant comment les échanges économiques peuvent contribuer à répondre à l’équité dans les revenus, la solidarité par rapport à l’objectif de bien-être de tous sans exclusion et la reconnaissance du rôle de chacun dans la société tout en intégrant les externalités environnementales et sociales dans les coûts. On s’est appuyé pour ceci sur les expériences des banques du temps, des monnaies complémentaires, du réseau BIEN, de partage du temps de travail, de répartition du temps de vie tout au long de la vie (y compris le rôle des personnes âgées et des relations intergénérationnelles), de redéfinition concertée des rôles sociétaux des entreprises, d’économie distributive et de liens de solidarité entre territoires.
  • Une deuxième réunion prévue à Viana do Castelo (nord du Portugal) les 22 et 23 juin 2016. L’objectif est de réfléchir à comment assurer une organisation coresponsable du territoire pour le bien-être de tous aujourd’hui et demain. Sur ce plan les citoyens font de nombreuses suggestions tant cette question est cruciale : le bien-être de tous suppose d’avoir des espaces d'habitat, de rencontre, de co-production (jardins partagés, lieux de réparation), des lieux d’échanges, d’expérimentation, de multiples formes de vie sociale (sport, culture, partage des savoirs, etc.), ainsi que des espaces de recueillement et méditation et de lien avec la nature (parc naturels, plantations d'arbre, protection de la biodiversité, ...). Organiser l’espace c’est aussi assurer la mobilité sans qu’elle soit un facteur de stress et quelle pèse sur l’environnement : comment assurer la proximité des lieux de services et d’emploi par rapport aux lieux de résidence et éviter les temps de transport quotidiens, comment donner la priorité aux transports doux (marche à pied, vélo, transports publics) dans un environnement sain, notamment comment réduire la circulation automobile (gratuité des transports publics, co-voiturage). Enfin l’organisation de l’espace est directement liée à la reconversion énergétique : développer les habitats à énergie positive, mettre en valeur les toits, les parkings pour capter l’énergie solaire, mettre en place des bornes d’approvisionnement pour les véhicules électriques, organiser les réseaux de distribution pour éliminer les pics entre offre et demande, etc. L’organisation de l’espace pose donc de multiples questions qui ne peuvent être traitées séparément mais demandent de réfléchir à une stratégie d’ensemble en prenant en compte les attentes, motivations et compétences de chacun. Cela implique de s’appuyer sur les connaissances de chaque citoyen et chaque acteur par des démarches participatives et collaboratives de gestion de l’espace. De multiples expériences existent à ce sujet comme les diagnostics en marchant, la planification in vivo sur le terrain, les processus participatifs dans les plans d’occupation des sols, etc.
  • Une troisième réunion est prévue à Odemira (sud du Portugal) les 27 et 28 juin 2016. L’objectif est de voir comment, sur la base des conclusions des deux premières réunions, assurer par la coresponsabilité les besoins de base pour le bien-être de tous aujourd’hui et demain (alimentation saine, santé, produits de consommation de base) avec le minimum d’impact sur l’environnement. On s’appuiera pour ceci sur les expériences d’engagement mutuel entre fournisseurs/producteurs et consommateurs/usagers dans les secteurs alimentaires (type CSA/AMAP) de la santé (maison de la santé, pharmacies sociales), d’organisation directe pour assurer ses besoins de base (jardins partagés, edible credible, etc.) et de réutilisation des biens sous toutes leurs formes (deuxième usages, réparations, recyclage). On cherchera à mettre en évidence celles qui permettent une approche durable : approche préventive et décentralisée de la santé, réutilisation, y compris des espaces de proximité, recyclages, etc.. On s’appuiera également sur des initiatives permettant de faire le lien entre ces secteurs, notamment celles qui assurent des transferts de moyens, par exemple des économies de santé vers plus de moyens dans la production alimentaire pour permettre une agriculture sans pesticides.
  • Enfin, lors d’une quatrième réunion à Timisoara (Roumanie) les 16 et 17 septembre 2016, l’objectif est de déterminer comment assurer une démocratie collaborative et une gouvernance coresponsable des biens communs pour le bien-être de tous aujourd’hui et demain. Pour ceci nous partirons des conclusions des trois premières réunions pour nous poser la question de la souplesse dans l’accès aux ressources, permettant à chaque citoyen de participer au bien-être de tous selon ses capacités et aspirations et adapter son projet de vie en fonction, assurant ainsi le plein emploi. Cette conception souple de l’accès aux ressources nous conduira à aborder la question de la démocratie et de la gestion des biens communs nous un angle nouveau, concernant aussi bien les biens publics, communautaires et privés, en nous appuyant sur la diversité des expériences existant dans le monde sur ce thème. Chacune des réunions fera l’objet de conclusions mettant en évidence les complémentarités entre initiatives et comment elles peuvent ensemble assurer un progrès vers la coresponsabilité pour le bien-être de tous aujourd’hui et demain. Seront également mise en évidence les mesures de politiques publiques nécessaires pour permettre ce progrès. L’ensemble de ces conclusions seront intégrées dans un cadre opérationnel de mise en œuvre des propositions des citoyens. Ce cadre sera complété également par des responsables des politiques publiques à même de proposer des voies d’adaptation des politiques publiques en place à ces attentes. L’ensemble des conclusions sera présenté et débattu publiquement lors de la Troisième Rencontre Internationale des Territoires de Coresponsabilité à Braine-l’Alleud (Belgique) du 2 au 5 novembre 2016.

Rôle spécifique de la réunion à Gloucester Dans la réunion thématique à Gloucester on s’est donc intéressés à l’organisation socio-économique. Sur ce plan les citoyens mettent en avant l’équité dans les revenus (par l’instauration d’un revenu de base universel et le plafonnement des revenus), dans les échanges et dans l’accès aux ressources, le partage du travail pour assurer l’accès à emploi pour tous, la reconnaissance du travail y compris volontaire, la promotion des échanges gratuits, sans monnaie ou avec des banques du temps, la fin d’une consommation éfreinée et une économie à taille humaine/familiale et relocalisée. En filigrane apparait l’idée d’une économie basée sur un principe de coresponsabilité, partant du bien-être de tous comme objectif et non de l'offre de biens et services. Une économie donnant à toute personne physique ou morale qui y participe une fonction précise et la reconnaissance du rôle joué. Ceci converge avec les principes de l'économie distributive et l'économie fonctionnelle et de la coopération ainsi qu'avec les critères de bien-être avancés par les citoyens, notamment la confiance, le droit à avoir une place dans la société, à la reconnaissance, au sens de la vie, à l’équité, le non gaspillage, le respect de l’environnement, etc. Au-delà c'est la question de la gestion du temps qui est posée. Comment permettre une utilisation du temps qui assure l'accès au bien-être pour tous en affectant de manière équilibrée le temps non seulement aux activités productives, familiales, d'éducation, de loisirs, mais aussi aux échanges, aux expérimentations, à la créativité, à la méditation, etc. Comment repenser globalement la gestion du temps en économisant du temps grâce aux relations de confiance et de coresponsabilité (par exemple en substituant les procédures bureaucratiques de contrôle par des formes de contrôle partagé) et en réaffectant le temps là où c'est nécessaire (par exemple pour l'alimentation saine).

Participants :

La réunion a été particulièrement riche grâce à la diversité des participants et des types d’initiatives. Etaient notamment présents: Des représentants des banques du temps et SELs (Réseau Fair Share au Royaume Uni avec divers membres du réseau , SELs de Belgique)

  • Des représentants du réseau BIEN (Basic Income Earth Network)
  • Des spécialistes des monnaies locales
  • Des représentants du Réseau Tempo territorial, travaillant sur les questions du temps au niveau local, y compris dans les politiques publiques locales, avec un élu et un chercheur.
  • Une représentante de Artémis sur l’économie fonctionnelle et de coresponsabilité.
  • Un exemple d’initiative intergénérationnelle sur l’utilisation du temps
  • D’autres personnes invitées n’ont pas pu participer mais ont envoyé des contributions, concernant notamment l’économie distributive.

(voir en annexe 3 la liste précise des participants).

Déroulé de la réunion

La réunion de Gloucester s’est déroulée en 4 sessions :

  • Session 1 : Le point sur le projet CO-ACTE et les objectifs de la réunion : Cette session a permis à tous les participants de se connaitre et de connaitre le projet CO-ACTE, ses premiers résultats et de bien comprendre la problématique de la réunion.
  • Session 2 : Des pratiques de terrain à la concrétisation du modèle socio-économique : Cette session organisée en 5 temps (revenus équitables, échanges équitables, mutualisation des besoins et répartition des rôles, coresponsabilité et cycles de vie, synthèse) a permis d’avancer sur la co-construction d’un modèle socio-économique de coresponsabilité pour le bien-être de tous à partir des expériences des différentes initiatives présentes.
  • Session 3 : Du modèle aux besoins de politiques publiques : deux groupes de travail ont été constitués pour l’identification des politiques publiques (voir les conclusions ci-après)
  • Session 4 : Suite du projet et fonctionnement des sous-réseaux thématiques : Cette session a permis de déboucher sur un certain nombre de décisions concernant les suites de la réunion (voir ci-après).

Conclusion et suites à donner

La construction d’un modèle socio-économique de coresponsabilité pour le bien-être de tous

Plusieurs idées majeures sont ressorties de la réunion pour la construction d’un modèle socio-économique coresponsable pour le bien-être de tous. Toutes vont dans le sens de reconstruire les rapports économiques sur une base de coresponsabilité pour le bien-être de tous et non sur des rapports marchands basés sur l’équilibre entre offre et demande.

      • Au cœur du modèle : la question du temps

En tout premier lieu la question du temps est au cœur de la problématique d’un tel modèle pour plusieurs raisons :

  • L’échange par le temps est en soi porteur d’équité dans les revenus si on applique le principe pratiqué dans les banques du temps selon lequel le temps a la même valeur pour tout le monde (une heure d’ingénieur a la même valeur qu’une heure d’ouvrier). Chaque habitant de la terre dispose d’un temps qui lui est propre.
  • L’échange par le temps selon ce principe introduit une transparence qui n’existe pas dans la monnaie par le fait que l’échange se fait sur la base d’un coût réel (en temps) et non sur une valeur déconnectée de toute réalité.
  • Cette transparence est un facteur d’interaction, de coresponsabilité et de liens de solidarité entre acteurs économiques. Plusieurs exemples ont été donnés dans ce sens. Exemple du travail le dimanche, exemple des liens entre prisonniers et personnes âgées, exemple du paiement des impôts par du temps (introduisant de fait une coresponsabilité dans la fonction publique, etc. Dans beaucoup de ces exemples le temps n’est pas vu simplement comme une valeur d’échange mais aussi sous l’angle du don, de la prise en compte d’autres facteurs dans les décisions (par exemple accepter que des personnes aient besoin de plus de temps sans exclure ce qu’elles produisent).
  • La question de la coresponsabilité se pose en termes clairs avec le temps : chacun dispose d’un temps qui lui est propre, variant avec l’âge et dont il a la responsabilité pour lui-même et pour la société.
  • Sur le plan macroéconomique raisonner en termes de temps dédié à telle ou telle activité est aussi une source indispensable de rééquilibrage, par exemple entre l’industrie et l’artisanat, entre santé et production alimentaire et alimentation pour une vie saine (thème qui sera traité lors de la 3ème rencontre thématique).
  • Outre être un vecteur élément d’échange, le temps implique une concertation sur la façon d’organiser les horaires et l’articulation entre les activités. Il y a là un lien étroit avec la gestion de l’espace qui sera débattue à Viana do Castelo (voir les exemples donnés par le réseau Tempo).
      • La déconnexion entre revenu et travail : le revenu universel de base

Le réseau BIEN promeut depuis les années 1970 l’idée d’un revenu universel avec les 3 caractéristiques suivantes :

  • Universalité : droit de tout être humain, quel qu’il ou elle est soit.
  • Inconditionnalité : Droit inaliénable
  • Suffisance pour subvenir à ses besoins.

Ces trois caractéristiques ont pour conséquence une déconnexion entre travail et rémunération : on en travaille plus pour gagner de l’argent mais pour d’autres raisons, notamment le sens que l’on donne à son travail et celui des autres. Le travail n’est plus synonyme de souffrance, certains disent même qu’on devrait trouver un autre mot. Cela ne veut pas dire que le travail pénible disparait même si la mécanisation et l’automatisation le réduit, mais il est partagé de manière concertée et équitable en fonction des capacités réelles de chacun et la pénibilité n’est plus synonyme de souffrance.

      • La concertation sur besoins et responsabilités/fonctions

On voit d’ores et déjà qu’un tel modèle repose sur la question du sens de ce que l’on fait par rapport aux besoins. Il ne peut se réaliser sans une concertation globale sur les besoins et le partage des responsabilités. Celle-ci est plus facile à conduire au niveau local mais implique des règles précisées à des niveaux supérieurs. Ainsi des concertations peuvent être conduites sur des répartitions de responsabilités et de fonctions : fonction d’éducation des enfants, de production d’aliments, de santé, etc. Ces fonctions peuvent être assumées par des individus, mais plus généralement par des groupes constitués pour ce faire (entreprises, écoles, etc.). Un exemple est celui des Maisons Médicales de Belgique où une équipe médicale prend en charge la fonction santé au niveau d’un quartier en coresponsabilité avec ses habitants.

      • Rapports de fonctionnalité et de coopération

Une telle distribution des fonctions implique des rapports radicalement nouveaux entre fournisseurs et usagers, basés sur la coresponsabilité et non plus le rapport de force entre offre et demande. Des expériences existent dans ce sens (voir les exemples présentés par Artemis).

      • Les parcours de vie

Le modèle socio-économique de coresponsabilité pour le bien-être de tous à construire offre une grande souplesse et une autonomie de décision de chaque citoyen sur son développement personnel et son parcours de vie en connexion avec le reste de la société. Chacun peut pouvoir participer à telle ou telle fonction et en changer par la suite en concertation avec les autres. Egalement les temps de formation, de transition, de vie familiale de repos, de voyage, etc. sont entendus individuellement et collectivement en fonction des besoins et possibilités. Reste bien sûr à traiter la question de l’autonomie de décision de chacun et des modes de décision collective.

      • Conclusion

En conclusion le modèle socio-économique de coresponsabilité pour le bien-être de tous est loin d’être complet. Plusieurs points demandent à être clarifiés ce qui pourra se faire dans la suite de la rencontre. Se pose évidemment aussi le problème de son opérationnalisation. Cependant des chemins essentiels ont été mis en évidence pendant la rencontre. Les progrès dans sa réalisation dépendront des possibilités de créer des ponts entre les initiatives présentes et des politiques publiques de soutien.

Les politiques publiques à promouvoir

La première politique à promouvoir est celle qui ouvre la voie à de nouvelles formes de démocratie et de concertation. Cela rejoint les recommandations des citoyens qui sont ressorties de CO-ACTE, notamment en ce qui concerne la démocratie collaborative. En outre des propositions ont été élaborées par deux groupes. Les propositions du premier groupe sont les suivantes :

  • Orienter les politiques vers des initiatives locales. C’est important d’atteindre les politiciens avec des données et des connaissances afin de montrer que l’on a étudié le sujet. Par exemple regarder les politiques qui ne marchent pas bien et les modifier afin de permettre une amélioration dans la société.
  • Recruter les personnes dans des institutions gouvernementales locales. En particulier, avoir des gens qui s’occupent des comités pertinents et les mobiliser pour avoir les informations nécessaires.
  • Présenter les informations et les idées sous diverses formes et plusieurs fois, afin d’être sûrs que les gens soient touchés.
  • Connaitre mieux les politiciens afin d’en savoir plus sur leur mode opératoire. Discerner ce que sont les politiques nationales, régionales et locales, savoir comment marche le système etc…
  • Promouvoir différentes manières pour impliquer les gens (citoyens)
  • Promouvoir les banques de temps dans les entreprises, en complément de pratiques ayant pour but d’améliorer la santé, la confiance, les compétences au travail.
  • Dans les écoles et universités, les programmes d’éducations devraient enseigner des bases sur les valeurs humaines.
  • Collecter des données et analyser en détail ce qu’il se passe au niveau local –social mapping- afin de présenter aux politiciens des informations concrètes et véridiques.
  • Identifier les « petits changements » que l’on peut effectuer immédiatement, les effectuer afin de les implanter dans des politiques plus traditionnelles.
  • Mettre en place différentes règles pour les taxes, (ne venant plus du travail mais d’autres sources) comme des taxes sur les émissions de CO2, sur l’impact environnemental, sur les transactions financières, le produits de luxe… Par exemple dans le secteur agricole, où le travail est taxé lourdement, les engrais chimique ne le sont pas. Ce qui engendre des taxes injustes sur l’agriculture biologique, et nous devons changer ça. Une autre idée de changement : exempter de taxes les gens qui accueillent les réfugiés plutôt que de construire des centaines de maisons pour les loger.
  • Pendant que nous travaillons au niveau local, il est important de garder un œil sur le niveau supérieur afin d’être prêt à effectuer le changement.
  • Il est important de montrer un message clair aux gens de ce que nous voulons mettre en place.
  • Identifier la façon dont les citoyens dépensent leur argent à l’intérieur de leur communauté et comment ils s’engagent personnellement dans cette communauté.
  • Ne pas oublier les personnes âgées dans le processus de changement ( ex : grâce au banque de temps, d’initiatives municipales, activités physiques etc…) . En principe, ils ne seront pas considérés comme « activistes » ou « gauchistes » etc… comme les jeunes sont souvent perçus.
  • Utiliser la législation actuelle, et s’adresser avec le langage approprié selon les gens auxquels on s’adresse. (ex : le terme « bénéfice » ne doit pas être oublié lorsqu’on s’adresse à des hommes d’affaires)
  • Les contacts doivent être le plus personnel possible. Ne plus envoyer d’e-mail en masse, il faut vraiment s’adresser aux personnes directement. Sinon, on prend le risque que nos informations tombent dans les spams, car les organisations sont souvent noyées de mails.

Le deuxième groupe de travail a résumé les recommandations dans un schéma général comme suit : -Schéma à mettre- En conclusion un travail de formalisation reste à faire, notamment pour préciser les complémentarités avec les propositions des citoyens.

Les décisions prises

  • Mettre en place un réseau d’initiatives qui permettra de proposer des politiques publiques à Braine l’Alleud.
  • Mise en commun des prises de note et établissement d’un compte redus à partager entre tout le monde avant la prochaine réunion thématique.
  • Remodeler la synthèse actuelle afin de présenter selon un modèle plus compréhensive pour les gens.
  • Indirah s’occupe de mettre en place une base de données de toutes les initiatives existantes afin de créer un phénomène de réseau.
  • Après ces 2 jours, réfléchir à ce qu’on a vu et penser à quel changement on peut faire, qu’est-ce qu’on peut proposer, et partager ces idées sur l’espace de débat prévue à cet effet sur le site wikispiral.
  • Constitution d’un noyau (core group) de 4 personnes pour assurer la continuité du processus : Philippe, Reyaz, Indirah, Samuel

Annexe 1 : Résumé des présentations et débats

    • JOUR 1 : Vendredi 20 Mai

Session 1 : Le point sur le projet CO-ACTE et les objectifs de la réunion

Présentation de CO-ACTE et des premiers résultats - Samuel Thirion

Le projet CO-ACTE utilise la démarche Spiral qui a été initiée avec la volonté de ne plus penser le progrès de la société en termes économique, mais en termes de capacité à vivre ensemble, en partant du postulat que la richesse économique ne résout pas les problèmes, puisque le bien être revêt des dimensions immatérielles. Ainsi, il s’agit de la volonté de replacer les personnes au centre de la société, pour mener au bien-être de tous. Etre bien, tous ensembles, avec moins de richesses et mieux mesurer ce dont nous avons besoin. Pour cela, la collaboration et la coresponsabilité semblent être des outils pour y parvenir. Aujourd'hui, 400 territoires ont participé à cette démarche, dite Spiral, pour définir le bien-être avec les citoyens et aujourd’hui se pose la question des actions à mener ensemble pour y tendre, le tout sans mettre en péril le bien-être des générations futures ni la planète. Par conséquent, nous avons souhaité développer des approches au niveau local, mais cela s’avère plus difficile lorsqu’on travaille avec des territoires. Il s’agit donc, avec le projet CO-ACTE, de dépasser le niveau local. Ce ne sont pas seulement les locaux qui doivent agir, mais aussi les régions, les gouvernements nationaux, l’Europe, qui doivent redéfinir les cadres de la société, une société non fondée sur le niveau du PIB. La problématique réside dans la portée du message à transmettre aux institutions. Les acteurs locaux sont souvent trop peu entendus car loin des institutions, et souvent moins visibles que les grosses compagnies. CO-ACTE fait ressortir l’importance de l’avis du citoyen. L’approche SPIRAL permet de trouver comment, par une approche démocratique, nous pouvons définir le bien-être. La méthode développée à cet effet est basée sur des principes de démocratie directe et collaborative, garantissant le droit de la parole égal pour tous. Elle débouche sur des synthèses co-construites aussi bien au niveau de petits groupes de citoyens qu’au niveau d’un territoire local, puis régional, national et à l’échelle mondiale. Plus de 10000 citoyens d’une vingtaine de pays ont participé à ce processus depuis son lancement en 2005, permettant de disposer d’une base de données de plus de 100000 critères de bien-être et mal-être et d’une synthèse à l’échelle intercontinentale qui met clairement en évidence la multi-dimensionnalité du bien-être de tous exprimé par l’humanité dans sa diversité avec ses différentes. Cette synthèse nous montre clairement une liberté dans les réponses des citoyens et surtout que l’opinion des gens en général revient aux besoins de base et non au superflus.

Objectif et organisation de la réunion & Débat - Indirah Osumba

Nous entamons aujourd’hui la première réunion des réseaux thématique qui a pour but de définir un nouveau modèle économique. Cette réunion s’ancre dans une succession de 4 réunions de réseaux thématiques pour mener à une ultime réunion à Braine l’Alleud (Belgique). En nous appuyant sur la synthèse déjà établie (Cf Graphique synthétique ci-dessous) nous essayerons de donner des propositions de politiques publiques afin d’aller vers un nouveau système économique. Cette synthèse est une approche systémique qui représente toujours 3 niveaux : Individuel, par rapport à l’environnement proche et par rapport à la société au niveau global. Notre but est de mettre en avant le concept de pro-utopies : des étapes intermédiaires afin d’arriver à l’utopie. Aujourd’hui nous sommes dans une culture hiérarchique descendante, le chef choisi, donne ses idées et les autres suivent. Il faut changer ce genre de processus individuel pour passer à un processus de collaboration de groupe. Pour mettre en place un tel changement, il est important de travailler à différents niveaux et de modifier l’organisation de la société. Nous devons libérer du temps pour nous, créer des espaces pour permettre aux gens de se réaliser. En permettant aux gens d’aller mieux, c’est la société toute entière qui ira mieux. La problématique de la réunion sera donc la suivante : Quelles politiques publiques devons-nous mettre en place pour créer des pro-utopies, qui ensemble peuvent nous rapprocher de l’utopie que nous recherchons, à savoir un modèle socio-économique de coresponsabilité pour le bien-être de tous aujourd'hui et demain. Indirah: Nous voulons nous baser sur cette synthèse afin de pouvoir trouver des solutions pour créer un modèle socio-économique de coresponsabilité pour le bien-être de tous aujourd'hui et demain André C : La synthèse est bien cadrée etc .. Mais il faut savoir que la réalité ne sera pas la même, c’est une vision, conceptuelle, le résultat ne pourra jamais être comme sur ce graphique, c’est comme une étoile, on la suit pour aller dans une direction, on s’en rapproche, on garde toujours le même cap mais on ne l’atteint jamais. Indirah: La synthèse n’est pas un résultat en soi mais mode de fonctionnement. Ce n’est pas un endroit où aller, mais plus un support sur lequel s’appuyer pour effectuer le changement. Louise : On peut utiliser cette représentation pour demander leur avis aux citoyens et avoir un cadre pour proposer des politiques. C’est comme une boite vide que l’on va remplir avec les réponses des citoyens pour créer une nouvelle économie. Samuel : Il est nécessaire d’avoir cette représentation graphique car elle apporte une visibilité, pour permettre aux gens de mieux comprendre le projet, et leur montrer l’utilité de leurs réponses, car il est prévu de restituer la synthèse aux citoyens ayant participés afin d’avoir un retour aussi de leur côté.

Session 2 : Des pratiques de terrain à la concrétisation du modèle socio-économique

Revenu équitable : Présentation du réseau BIEN - André Coelho & Louise Haagh

Le réseau BIEN est un groupe de personne qui vient du monde entier, engagés pour la mise en place d’un revenu de base. Il n’y a pas de lieux physiques, les membres utilisent la plateforme Tello pour échanger et s’organiser.

Qu’est-ce que le revenu de base ? C’est un revenu accordé de façon inconditionnelle, sur une base individuelle et sans exigence de travail. En donnant un revenu de base à tous, cela permettrait aux gens de ne plus s’inquiéter des problèmes d’argent et de pouvoir être plus actif dans la société et s’intéresser aux problèmes actuels. De nos jours les inégalités sont à la base de la plupart des problèmes sociaux, le revenu de base permettrait d’aider à résoudre ces problèmes d’inégalités. Dans ce sens-là, le revenu de base devient plus une question de liberté que d’argent. Il faut souligner que ce n’est pas un revenu égalitaire, mais un revenu auquel tout le monde peut avoir accès sans avoir à prouver quoi que ce soit aux autorités, c’est un droit comme l’éducation, la santé etc… Il y a déjà des expériences de ce genre ( ex : Namibia, India, Finlande etc…) , mais ce n’est pas vraiment un « revenu de base » car il est trop faible mais cela respecte bien le terme « inconditionnel » Dans les pays ayant déjà expérimentés ce genre d’initiatives, nous pouvons voire une amélioration de la santé, du bien-être et de la nutrition… Il existe cependant plusieurs divergences concernant les modalités de ce revenu :

  • Doit-on adapter les revenus en fonctions de la situation financière de chacun ou doit-on proposer un revenu égal pour tous ? Dans ce deuxième cas, le revenu de base permettra simplement d’augmenter le niveau des égalités.
  • Comment financer ce revenu? Certaines personnes ont proposé de supprimer les aides existantes pour permettre au revenu de base d’exister. Il faut donc faire attention aux dérives, le revenu de base doit-être vu comme un complément.
  • Augmenter le revenu engendre t’il l’isolation des personnes ?

Le basic income peut être utile si la consommation est freinée et sobre, (« sobriété heureuse » de Pierre Rhabi), le bien-être ne voulant pas dire plus d’argent Nous ne pouvons pas créer un revenu de base seul, il doit suivre un changement dans la démocratie. Le système de revenu que nous avons aujourd’hui est paternaliste et dépassé, il contrôle le temps et la dignité des gens. Nous devons démocratiser le revenu d’une façon réelle ancré dans un état providence de confiance.

Le prochain point étant les banques de temps, on peut aussi mettre en relation le Basic income avec les Time banks. En effet, on peut substituer le temps au revenu, ce qui inclut aussi en même temps la notion de responsabilité. On a tous une ressource temps personnelle, la question à se poser est : comment mettre cette ressource à disposition des autres pour améliorer la société ?

Banques de temps : Présentation Timebanking UK - Sara Bird 

Image Présentation SEL Animée

Time bank UK, est un réseau supporté par les autorités locales qui aide à gérer et conseiller les banques de temps d’Angleterre. Timebanking est un moyen d’échange utilisé pour organiser les gens autour d’un but ayant le temps pour monnaie. Le temps de chacun est égal, mon temps représente le même temps que mon voisin, peu importe ce qu’on échange. Le gros problème aujourd’hui est la solitude. Le système de banque de temps permet de pallier à cette solitude. On se rend compte que, souvent, la principale raison d’implication des bénévoles dans une banque de temps, est que cela permet de rencontrer des personnes et pallier au sentiment de solitude. Les banques de temps représente la force d’une communauté de gens et permet une redéfinition de travail.

Philippe : Exemple de time banking : C’est un docteur qui a eu l’idée car il s’est rendu compte que les gens venaient le voire, non pas parce qu’ils étaient malade, mais parce qu’ils avaient besoin de parler. On remarque ce problème, souvent avec les retraités : ils ont le sentiment de ne rien faire, de se sentir passif. Les banques de temps sont là pour aider à ce niveau-là. Cela permet d’être actif, de connaitre des gens. Au début, on le voit comme du travail, et par la suite, les gens deviennent amis et ne regardent plus la tâche comme un travail mais comme une entraide entre amis. Bien souvent, après un moment, les gens font des activités ensembles, sans nous le faire parvenir (les personnes en charges des banques de temps). Le problème actuel est que ce sont souvent des personnes âgées qui participent, il est important d’attirer des jeunes afin d’être diversifié et d’offrir une variété dans les services.Ce que les gens disent concernant les timebanks : ils se sentent respectés, retrouve le sens de la responsabilité etc…

Cyril : Le lien bien-être/revenue/monnaie: intéressant mais compliqué. Il existe 3 types de monnaies complémentaire: Monnaie temps, monnaies marchande (miles etc), monnaie engagement (engagement citoyen pour créer de la valeur). Quand on donne de la monnaie, on fait toujours face à un engagement mutuel d’une valeur. La monnaie est un échange, un élément de relation entre les personnes. C’est un symbole, qui porte des valeurs très fortes. Au-delà d’une forme d’échanges, la monnaie est un outil anthropologique. (jeu de domination, pouvoir etc… ). Aujourd’hui, les monnaies complémentaires sont marginales, elles ont montré qu’aujourd’hui elles ne sont pas capables d’être une monnaie à part entière. Il faut changer cette vision de la société pour permettre aux monnaies complémentaires d’avoir une place plus importante.

Marc : Il n’est pas facile de changer les comportements des gens. Il est nécessaire de négocier avec les politiques car pour eux, par exemple les docteurs ne peuvent pas être payés en temps ou autres forme de monnaie complémentaire car cela apporterai un aspect dégradant à la profession. Samuel: D’après ce qu’on vient de voir, la monnaie temps parait être la meilleure solution. En quoi est-elle meilleure que les autres ? Reyaz : L’échange de temps permet de mesurer l’état d’une société, ce qu’il se passe vraiment à l’intérieur de celle-ci. C’est plus un outil pour ramener les gens ensembles. On remarque qu’avec les banques de temps, le plus important c’est que les gens fassent quelque chose pour la société. Les personnes ne regardent pas la durée de la tache mais plutôt qui va la faire. S’ils apprécient la personne, le temps que cette dernière va prendre pour effectuer la tâche n’a pas d’importance. André C : Je suis d’accord avec ce qui a été dit mais ce genre de choses peut marcher lorsqu’on parle de petites tâches. Comment cela peut-il fonctionner pour construire un train par exemple ? C’est un travail énorme, cela veut dire qu’il faudra 10 fois plus de personne et de temps que dans le système actuel. Si l’on utilise des crédits temps, on doit avoir des bases solides. Les banques de temps sont là pour créer ces fondations, afin de créer une atmosphère où les gens travaillent en coopération, pour amener une meilleure motivation et avoir un travail bien fait. Nous nous demandons souvent quelle est la fonction de la monnaie dans un système pour le bien-être de tous ? Peut-on repenser à une société sans monnaie ? Cyril : La monnaie sert à tenir des comptes, c’est à ce niveau-là qu’elle est importante. Nous vivons dans une société qui a pour habitude de gérer des actifs et passifs, je ne pense pas que nous soyons prêts à vivre sans ça. Notre travail est remercié par notre rémunération. Samuel : Aujourd’hui la liaison travail-rémunération, dépend de notre poste, mais on devient ce que l’on est grâce aux générations précédentes. Par exemple, je suis docteur car c’est grâce à mes parents qui ont pu me payer des études etc… Donc on récolte le temps de nos générations futures. Comment notre temps peut-être utile pour nous mais aussi pour les générations futures ? Comment collectivement on peut se créer un futur durable ? La société actuelle nous force à travailler énormément, toujours plus et plus d’heures ! Nous sommes dans une société bureaucratique et méfiante. C’est justement dans cet amas de bureaucratie que nous pouvons puiser du temps afin de l’utiliser à des fins plus efficaces. C’est ce dont vont nous parler les intervenants de Tempo présents aujourd’hui. Jean-Yves Avant, le temps était la mesure du travail, de nos jours, c’est le contraire ; le travail est la mesure du temps. On dit tu dois faire ça en X temps. On relie le travail à la tâche : c’est le travail en projet. Nous observons un phénomène d’accélération du travail. La productivité n’est pas seulement à regarder sur l’acte précis mais aussi sur les travaux annexes. Les politiques actuelles sont basées sur le temps. On retombe sur des problèmes de sociétés lorsqu’on s’attaque aux politiques temporelles. Philippe Les décisions sont prises sur le temps que ça va prendre, et l’on traduit ce temps en monnaie. Le temps est monétisé. Cela me fait d’ailleurs penser que pour moi, je trouve que ce n’est donc pas forcément approprié d’utiliser le terme « Time bank » , on pourrait plutôt utiliser « time factory » André C Si l’on écoute ceci, on se rend compte que l’on n’a pas besoin d’argent. L’argent n’est pas une unité, c’est une ressource physique. C’est un moyen que l’on a inventé pour organiser notre vie.

Présentation : Association TEMPO Territorial - Jean-Yves Bourdin & Eric SCHULTZ 

Pourquoi s’intéresser aux politiques temporelles ? Lorsqu’on prend en compte tous les changements sociétaux, nous remarquons que nous sommes tout le temps en manque de temps. * Il y a eu des changements énormes dans les rythmes de travail : on travaille la nuit etc… * Aujourd’hui notre travail nous suit partout (à cause de l’informatique, les smartphones etc…). * Les services prennent le dessus et ces derniers ne se stockent pas. * Les femmes sont rentrées sur le marché du travail mais il faut garder à l’esprit qu’elles s’occupent de 2/3 du travail ménager, et les temps de travails sont calés sur les rythmes scolaires.

Tous ces points montrent que le temps est devenu un enjeu de politiques publiques. Les bureaux de temps sont nés en Italie en 1986, créée par des femmes appartenant au parti communiste qui ont fait un projet de loi de décentralisation. Ce dernier n’a pas été accepté en premier lieu mais revu et accepté en 2000. En 2004, les premiers bureaux du temps font leur apparition, ces derniers ont pour but, une amélioration de la qualité de vie, amélioration sociétale et environnement durable. Les principaux champs d’application sont : l’accueil de la petite enfance, horaires des services publics, action sur le temps de travail des salariés pour améliorer leurs conditions de travail, transformation des aires de mobilités (exemple dans la ville de Rennes où l’on a pu observer une modification des horaires à l’université pour éviter trop de monde dans les transports en commun). Ce genre de politiques qu’on pourrait voir comme fonctionnelle, tendent à créer de nouvelles pratiques. Nous pouvons donner comme exemple l’ouverture des bibliothèques le dimanche ; cela permettrait de changer notre vision du lieu, elle deviendrait aussi un lieu de rencontre. Ceci entrainerait une nécessité de changement dans l’infrastructure pour que les gens puissent se reposer et passer du temps là-bas, cette modification devient une question d’utilité sociale.

Samuel : Pour résumer, le temps est un outil central pour résoudre les problèmes auxquels nous faisons face. Il faut repenser notre organisation du temps et choix de mode de vie. Nous parlerons plus tard dans un prochain meeting, des problèmes d’alimentation. André C : Cela montre que lorsqu’on se pose les bonnes questions tous ensemble, cela fait la différence. Jean-Yves : Pour mettre ceci en lien avec les politiques temporelles, on peut parler aussi des lois sur les horaires d’ouverture des commerces (ouverture des Galleries Lafayette jusqu’à minuit etc…), de nombreux reproches ont été fait à ce niveau-là. Par exemple les gens qui travaillent le dimanche, ont souvent des emplois atypiques en semaine, cela fait qu’ils ont des vies sociales très compliquées. On voit aussi l’importance de la délibération locale. Tam: Dans les banques de temps, nous n’avons pas d’argent, l’argent valorise le produit et dévalorise les gens, les banques de temps sont là pour mettre en avant la personne.

Relation sur l’intergénérationalité - Pedro Bezerra

Présentation d’un projet financé au Portugal qui a pour but de comprendre le bien-être des habitants. Ce dernier avait à la base pour principal objectif de traiter de sujet portant sur l’activité biologique et la santé des plus de 57 ans, puis a peu à peu dérivé vers un projet intergénérationnel. Le projet est celui-ci : des tournois de 4 sports différents ont été organisés, nous avons mis e place des règles spéciales, par exemple il est nécessaire d’avoir des hommes et des femmes dans chaque équipe, des âges différents etc… Des jeux où les gens se bandent les yeux et doivent faire un parcours pour se mettre à la place des aveugles, même chose avec des fauteuils roulants. Le projet a commencé avec des études sur les personnes âgées et a fini avec une mise en place d’activité physique pour tous. De nombreuses personnes ont diminué la prise de médicaments après avoir rejoint ce projet, se sentant en meilleure forme, physique mais surtout mentale.

Présentation de World Faire Trade Organisation - Catherine Gent 

Nous vivons dans un monde où nous portons des vêtements venant de l’autre côté de la planète. Il est important de modifier ce mode de consommation, refaire le lien entre le producteur et le consommateur. WFTO est là pour nous faire changer cette vision, le commerce équitable peut nous permettre de changer le monde en faisant peu de choses. Il suffit d’être plus conscient de nos actes. Chez nous, nous travaillons sur des mesures et politiques pratiques afin de redonner de l’importance aux agriculteurs, car nous avons besoins d’eux pour atteindre un commerce équitable durable. De plus, l’organisation cherche à avoir un rôle positif sur le changement climatique, car le lien est énorme entre commerce équitable et climat. WFTO prône la mise en place du commerce équitable dans les territoires locaux et travaille essentiellement dans des entreprises avec un plan social clairement établis.

    • JOUR 2 : Samedi 21 Mai

Présentation Atemis - Nadia Benqué 

ATEMIS est un laboratoire d’intervention et de recherche, crée en fusionnant chercheurs et consultants. Le projet ayant pour volonté de réintroduire la question du travail comme axe de compréhension des mutations sociétales et des enjeux du développement durable, comme levier des évolutions des entreprises, des institutions et des territoires. L’organisation est fondée sur une approche pluridisciplinaire, ayant pour objet d’apporter des réponses aux attentes de ses interlocuteurs fondées sur les connaissances issues de la recherche en sciences sociales et de l’expérience d’intervention. Atemis fait partie d’un réseaux de laboratoires pour faire remonter vers la recherche les situations réelles que rencontrent les acteurs économiques, sociaux et institutionnels, et de constituer l’intervention en question de recherche.

Session 3 : Du modèle, au besoin de politiques publiques

Samuel : L’important est de recréer la confiance et de réinventer un nouvel esprit de consommation. D’après ce qu’on a vu hier, l’enjeu principal est de trouver non seulement un revenu minimum mais pas seulement, ce qui est important c’est d’obtenir un basculement de la société et pouvoir lier les différentes expériences étudiées. Jean-Yves : Le lien avec le temps est clair, si l’on prend les exemples des banques de temps, on reste toujours dans une logique de travail rémunéré. Mais dans ce cas-là, la question de revenu de base est plus difficile à intégrer. Eric : Ce que nous cherchons maintenant, c’est une nouvelle richesse, un nouveau moyen de paiement qui n’est plus spéculatif. Car d’après les indicateurs, nous voyons bien que c’est à ce niveau-là qu’il faut agir. Tam : Il est important de préciser que les banques de temps, n’ont rien à voir avec une monnaie, c’est un moyen d’échanger avec les autres, elles sont à la base de tout. Elles agissent au niveau social premièrement, et les issues d’argents sont mises en 2ème plan. Je pense que ce qui est fondamental, c’est les interactions entre les gens, la question de revenue de bas est secondaire. Donnons par exemple une banque de temps où l’on a réussi à mettre en relation des personnes âgées et des prisonniers. En effet, les prisonniers, sont une source de temps énorme, et les personnes âgées sont souvent en demandes de temps. Dans ce cas-là les prisonniers donnaient de leur temps aux retraités afin de les aider dans leurs tâches quotidiennes. Cela a été une expérience extraordinaire. A la fin du processus, nous avons organisé une petite fête rassemblant tout le monde. Où pouvons-nous imaginer une telle rencontre ? C’est la magie des banques de temps. André C : Qu’est-ce que nous recherchons? Doit-on être pauvre pour améliorer le bien-être de la société ? Je ne crois pas, le revenue de base permettrait de nous laisser plus de temps pour faire ce qu’on l’on veut vraiment. Le travail nous empêche de faire ce qu’il nous plait. Les banques de temps peuvent rémunérer le travail et venir en complément du revenu de base. Philippe : On parle tout le temps du “travail”, mais la différence quand on est dans une banque de temps, on ne le voit pas comme du travail, on fait quelque chose que l’on pense bien pour la société et pour nous-même. Le modèle économique actuel nous met dans des impasses, nous devons mettre en place des alternatives pour pallier à cela. Nadia : D’après ce que j’entends ici, on voit le travail comme une souffrance, et l’on pourrait voire le revenu de base comme une délivrance. Le travail n’est pas souffrance. Ce qui est important, c’est que les gens soient bien dans leur travail, et s’épanouissent. L’enjeu sera donc de développer les ressources immatérielles, comme la santé, la confiance etc… André C : Je dois préciser que la douleur et la souffrance sont bien différentes. Je suis moi-même engagé dans quelque chose dans lequel je crois, j’ai des moments de douleurs parfois, mais sûrement pas de la souffrance, car je crois en ce que je fais. Le problème est lorsque l’on ne croit pas en ce qu’on fait, là on a de la douleur et de la souffrance. Nous ne devrions pas souffrir à cause de notre travail. Samuel : Pour conclure ceci, je dirais que ce n’est pas avec les politiques actuelles que l’on va pouvoir adapter cette vision des choses. Il est important maintenant de réfléchir aux politiques publiques à modifier pour créer un nouveau modèle socio-économique coresponsable pour le bien-être de tous.

Groupes de discussion

Séparation du groupe initial en 2 sous-groupes de discussions afin de faciliter le dialogue et permettre de proposer des politiques publiques ou modifications de ces dernières.

Résultats des discussions

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Session 4 : Suite du projet et fonctionnement des sous réseaux thématiques

Synthèse de la réunion

D’après les nombreux débats et discussions que nous avons eues lors de ces 2 jours, il en ressort une matrice sur laquelle nous devons agir pour améliorer le bien-être global : Le temps. Il faut aussi réorganiser les échanges entre les gens et mettre en place des indicateurs d’utilité sociale. Pour changer les politiques publiques, il est important de comprendre le système, montrer des exemples de succès au niveau local afin de faire remonter ça au niveau supérieur. Il faut aussi construire une toile de relation à différents niveaux afin de pouvoir toucher le plus de monde possible et être connecté.

Décisions prises

  • Mettre en place un réseau d’initiatives qui permettra de proposer des politiques publiques à Braine l’Alleud.
  • Mise en commun des prises de note et établissement d’un compte redus à partager entre tout le monde avant la prochaine réunion thématique.
  • Remodeler la synthèse actuelle afin de présenter selon un modèle plus compréhensive pour les gens.
  • Indirah s’occupe de mettre en place une base de données de toutes les initiatives existantes afin de créer un phénomène de réseau.
  • Après ces 2 jours, réfléchir à ce qu’on a vu et penser à quel changement on peut faire, qu’est-ce qu’on peut proposer, et partager ces idées sur l’espace de débat prévue à cet effet sur le site wikispiral.
  • Constitution d’un noyau (core group) de 4 personnes pour assurer la continuité du processus : Philippe, Reyaz, Indirah, Samuel

Annexe 2 : Liste des participants

    • Angleterre
  • Christine GENT : World Fair Trade Organization
  • Jen COTHIER : Fairshare
  • Jessica JOHNSTONE : Interprète
  • Jez SPENCER : Fairshare
  • Kate DAVIS : Interprète
  • Louise HAAGH : Réseau BIEN
  • Philippe GRANGER : Rushey Green Timebank
  • Reyaz LIMAIA : Fairshare
  • Sara BIRD : Timebanking UK
  • Tam CASSIDY : Timebanking Scotland
  • Rob PALMER : Fairshare
    • Belgique
  • André DESMET : Réseau TOGETHER
  • Christine WELCHE : Interprète
  • Marc MAURISSEN : SEL de Waterloo
  • Indirah OSUMBA : Association PLOUF, Réseau TOGETHER
    • France
  • Cyril KRETZSCHMAR :Ex- Conseiller Régional Rhone Alpes sur les monnaies locales
  • Eric SCHULTZ Adjoint au maire de Strasbourg, Tempo Territorial
  • Jean-Yves BOULIN : Tempo Territorial
  • Manon BRUNOT : Stagiaire Réseau Together
  • Nadia BENQUE ATEMIS
  • Patrice WEISHEMEIER : Réseau TOGETHER, Syndicat de l’éducation Populaire SEP-UNSA
    • Grèce
  • Io CHATZIVARYTI : Réseau TOGETHER
    • Portugal
  • André COELHO : Réseau BIEN
  • Manuela COUTINHO : Réseau TOGETHER
  • Samuel THIRION : Réseau TOGETHER
  • Pedro BEZZERA PhD in exercise physiology

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